Memorial pentru prizonierii de război români care au murit în captivitate în Alsacia (1917-1918)

Într-un război, orice parte se poate declara victorioasă, nu există câștigători, există doar învinși – Neville Chamberlain

Transilvania sau Moldova sunt regiuni îndepărtate pentru alsacienii că sunt … descopăr pe harta regiunilor ale căror nume nu le știam până atunci și Dâmbovița, Prahova, Mehedinti, Teleorman, Bacau, Ramnicu-Sarat, Jlfov, Dolj, si multi altii, au intrat în cunoștințele mele geografice recente.

Il y a plus de 1000 prisonniers de guerre roumains qui reposent depuis 1917 en terre alsacienne. Qui s’en soucie, qui sait quel a été leur destin? Plus grand monde… Les tombes dans les nécropoles restent et témoignent … MAIS … comment savoir que la tombe de BOTOROGAN Gheorghe au cimetière de Haguenau est celle de POTOROSCEANU Gheorghe, si l’historien ne réalise pas un travail méticuleux ? Je pense à ces familles, qui plus d’un siècle après la guerre, ne connaissent pas le destin de leur aïeul ! Porté disparu – Combien de victimes, combien de drames post-traumatiques de la Grande Guerre. Une mère qui cherche son fils, une épouse à la recherche de son mari, des enfants qui attendent un père

Pourtant la réponse est là, tout près. Mais qui donnera les moyens de la recherche ? A suivre…

Etude de cas :

Voici la plaque de la tombe d’un prisonnier de guerre roumain de la nécropole de Haguenau.

(c) Christophe Woehrle

La consultation des archives détenues par le Comité International de la Croix-Rouge à Genève ne permet pas, à priori, d’identifier le décès de ce prisonnier de guerre.

Il faut consulter les actes de décès de la ville de Strasbourg pour trouver le décès de Zafin Jon déclaré par le médecin-chef de l’hôpital de forteresse X. Ce dernier déclare que Jon Zafin appartient à la 4e compagnie du 70e régiment d’infanterie, ouvrier agricole âgé de 37 ans, de religion orthodoxe, né à Mihaiestc arrondissement de Muschel, parents et domicile inconnus. Décédé le 12 avril 1917 à l’hôpital de campagne X de Strasbourg à une heure du matin.

A nouveau l’identification ne peut se faire dans les archives du C.I.C.R qui détient pourtant la totalité des listes de prisonniers de guerre roumains. La seule explication possible est une mauvaise transcription du patronyme de ce prisonnier de guerre .

Le travail réalisé sur la totalité des prisonniers de guerre roumains décédés en Alsace a permis d’identifier d’autres soldats de la même compagnie et du même régiment que ce soldat, pour l’instant non identifié. La consultation des listes du C.I.C.R. fait apparaître la présence parmi les prisonniers de guerre roumains passés par le camp principal de Tuchel de ZAHIU Jon, né en 1880 à Mihaesti dans le judet de Muscel. Epoux d’Ana Zahiu, ce soldat de la 4e compagnie du 70e régiment d’infanterie est fait prisonnier le 30 novembre 1916 à Valeni. Son décès n’a pas été déclaré au CICR et aucun communiqué n’a été fait par les autorités à la famille de ce prisonnier de guerre.
Il s’agit, à présent, de savoir si du côté de la Roumanie, les archives communales ou nationales ont été avisées de ce décès, du lieu où se trouve la sépulture de ce prisonnier de guerre. La famille de cette victime a-t-elle eu un jour connaissance de la présence de la tombe de son aïeul dans une nécropole nationale française ? Toutes ces questions méritent d’être posées. Il conviendra, évidemment, de rectifier les éléments portés sur la tombe et qui ne permettent pas, d’identifier le soldat roumain enterré ici.

Histoire d’une tombe à la nécropole de Haguenau en Alsace.

En me promenant dans les allées de la nécropole roumaine de Haguenau mon regard est attiré par une tombe qui porte l’inscription OCHETAN JON 14 avril 1917 57 R.I. Je travaille depuis plusieurs années sur le cas des prisonniers de guerre roumains et ce nom ne m’apparaissait pas comme étant commun. Je décide donc de consulter les archives de l’état-civil de la ville de Strasbourg pour essayer d’y retrouver l’acte de décès de ce soldat roumain. En consultant les registres, impossible de retrouver ce nom, toutefois, mon regard est attiré par un acte daté du 11 avril 1917 avec la mention de Jon Tschokan. Quelques indications dans l’acte me permettent de découvrir que ce soldat est originaire du comté de Romanati, qu’il réside dans la ville de Wisin et que son épouse se prénomme Dumitra. Ce soldat appartient à la 5e compagnie du 59e régiment d’infanterie. Ma curiosité me pousse à continuer les recherches et je me tourne vers les archives du Comité International de la Croix-Rouge à Genève afin de vérifier les déclarations militaires allemandes. Deux listes confirment le décès au Festungslazarett de Strasbourg de Tschokan Jon ou Jan le 11 avril 1917, il est également confirmé qu’il appartient à la 5e Compagnie du 59e régiment d’infanterie. Grâce à ces informations, il devrait être possible de trouver sa fiche de prisonnier de guerre. Mais impossible de la trouver.
Tschokan Jon et Ochetan Jon sont-ils une seule et même personne? Il me faut pouvoir le confirmer. Je réfléchis alors au problème de compréhension linguistique entre un médecin allemand et un prisonnier roumain. Les Roumains, comme les Français, utilisent une lettre absente quasiment de la langue germanique, le C et les allemands utilisent plutôt le K. Lorsque les français utilisent le CH, les allemands préfèrent le SCH ou TSCH. Les Roumains eux, prononcent le C, comme un CH français, par exemple civil, se prononce Tchivil en roumain. Ainsi, Jon Tschokan pourrait s’appeler en réalité Cokan. Un nom assez commun me revient alors à l’esprit, celui de Ciocan. Je consulte donc les listes à ce nom. Dès lors, je découvre que de nombreuses fiches classées à cet endroit, indique effectivement l’orthographe Tschokan.


J’ai le sentiment d’avancer dans ma recherche et je découvre, effectivement une fiche au nom de Ciocan Jon, appartenant à la 5e Cie du 59e R.I.. Sur les listes d’arrivées au camp de Tuchel (Tuchola en Pologne) il est indiqué que Jon Ciocan, habite à Wisina dans le judet de Romanati et que son épouse se prénomme Dumitra. Ce qui confirme que l’acte de décès établi à Strasbourg correspond bien à ce soldat, Jon Tschokan et Jon Ciocan sont la même personne.

En parcourant les tombes du cimetière de Haguenau, impossible de trouver une tombe portant l’indication Tschokan ou Ciocan. Rapidement, le lien entre la tombe indiquant Ochetan Jon et celui que je recherche se fait.
N’ayant découvert aucun acte de décès au nom d’Ochetan et ne trouvant pas la tombe de Ciocan, le lien se faisait tout naturellement. La tombe d’Ochetan Jon est bien celle de Ciocan Jon.

Pour moi se pose alors une question : et si après la guerre, la famille de ce prisonnier de guerre roumain, informé de sa captivité en Alsace, s’est rendue sur les lieux pour retrouver la tombe d’un mari, d’un père, d’un fils? Sans doute aurait-elle visité la nécropole de Soultzmatt et celle de Haguenau, sans pouvoir trouver sur l’épitaphe d’une tombe le nom de la personne recherchée, sans doute seraient-ils repartis, déçus de n’avoir pas trouvé la réponse sur le destin de leur parent…

Le travail de recherche sur les victimes roumaines de la Première Guerre mondiale doit pouvoir se faire à présent, pour que chaque famille, puisse retrouver la trace d’un proche. Les guerres ont fait de nombreuses victimes directes, les conséquences des disparitions de soldats ont été terribles dans les familles. Pour que vive leur mémoire, il est capital de réaliser ce travail pour chaque tombe roumaine présente en Alsace, et en France.
Nous en avons les moyens techniques, il faut maintenant trouver la volonté politique de réaliser ce travail par un financement de l’état.

Mais qui est Wietila Draganir ?

Sa tombe dans la nécropole de Haguenau indique : Wietila Draganir – décédé le 8 juin 1917 – 7e Régiment d’infanterie.

Si on trouve bien de multiples variantes de patronymes roumains avec la racine Draga, celle de Draganir reste introuvable !
Pareil pour le prénom Wietila introuvable dans les listes de prénoms usuels roumains.

En fouillant l’état-civil de Strasbourg, à la date du 5 juin 1917 on y découvre le décès de Dragomir Wintila du 7e R.I. originaire du judet de Prahova.
Dragomir est un prénom et un patronyme roumain usuel. Il semblerait donc que ce nom soit à privilégier pour la suite de mes recherches.

Il faut évidemment se rendre aux archives du CICR à Genève pour espérer trouver d’autres informations à propos de cet (encore) inconnu !

Il y a un peu plus de 500 fiches individuelles de prisonniers de guerre roumains au nom de DRAGOMIR conservées au CICR.

Première étape, sortir celles dont le prisonnier de guerre appartient au 7e R.I. (en espérant que le régiment indiqué soit le bon)

Dragomir Stefan, soldat de la 4e Cie du 7e R.I.
Dragomir Toader caporal de la 9e Cie du 7e R.I.
Dragomir Vasile, soldat du 7e régiment de chasseurs
Dragomir Viutila, soldat de la 4e Cie du 7e R.I.

Cette dernière fiche renvoie à une liste d’arrivée au camp principal de Tuchola en Pologne que je consulte et qui indique qu’il est originaire de Cocorasti-Misli dans le comté de Prahova. Cette commune, en réalité Cocorăștii Mislii, se trouve en Munténie appelée aussi la Grande Valachie, entre Danube et Carpates. Je me rappelle alors que l’acte de décès indiquait le nom de Kukureschtimisli, que je n’avais alors pas réussi à identifier. La retranscription phonétique a du bon et permet d’identifier définitivement ce prisonnier de guerre.

Les autorités militaires allemandes ne déclarent pas ce décès au CICR qui ne peut donc pas en informer la famille.

Nous pouvons ainsi retracer le parcours de Dragomir Viutila.

Il est né en 1893 à Cocorăștii Misli, son père se prénomme Mihai. Il a 21 ans lorsque la guerre est déclarée. Son pays entre en guerre fin 1916, il a alors 23 ans et est mobilisé pour aller combattre. Le 3 décembre 1916, il est fait prisonnier par les troupes allemandes dans la ville de Targoviste judet de Dambovita, à moins d’une centaine de kilomètres de son domicile. Eprouvé par les conditions difficiles de l’hiver, épuisé par la lutte, s’engage pour lui et ses camarades de captivité un périple de près de 2000 kilomètres qui l’emporte dans le nord de la Pologne, au camp de Tuchola qui accueille des prisonniers de guerre roumains depuis le mois de novembre. Les conditions de transport sont inhumaines, les hommes arrivent exténués, anémiés dans ce camp.
Ce n’est toutefois pas le terme du voyage, car comme le prévoient les conventions, les prisonniers de guerre peuvent être utilisés comme main-d’oeuvre. Pour Viutila ce sera l’Alsace, la région de Strasbourg. 1200 kilomètres séparent les deux endroits. C’est fin janvier que les prisonniers de guerre roumains en provenance de Tuchola arrivent en masse en Alsace. Ils sont utilisés comme main d’oeuvre, principalement à la construction des voies ferrées vers le front. L’hiver 1916-1917 est un des hivers les plus rudes qu’ait connu l’Alsace. Les Roumains, épuisés, sont pour la plupart inaptes au travail et dans un état général si déplorable que la mortalité dans leurs rangs est extrêmement élevée entre février et avril 1917.
Viutila est un homme jeune, même pas 25 ans. Il résiste ! Toutefois il tombe malade et est envoyé vers l’hôpital de campagne fortifié de Strasbourg. Il y est soigné mais sa vie s’arrête en Alsace en ce début de juin 1917. Il est inhumé au cimetière de garnison de Strasbourg-Cronenbourg ou il repose jusqu’en 1972. Là, on décide de regrouper les Roumains dans la nécropole nationale de Haguenau dans un carré spécialement réservé pour eux. Sa dépouille est exhumée et sa tombe transférée dans le carré D rang 6 tombe 75 avec l’inscription donnée au début de cet article.

Dans sa patrie, il est considéré comme un Eroilor, un héros ! Oui, mais un héros inconnu… Rien ne rappelle le sacrifice de sa jeune vie, pas même son nom n’est correctement orthographié sur sa tombe.

Rendons son honneur à ce jeune soldat, mort dans des conditions inhumaines pour une guerre dont il ne comprenait ni les enjeux ni les effets, contre un ennemi dont il ignorait la haine et l’indifférence. Il nous appartient, sinon d’établir la vérité historique, mais au minimum de rendre à ce jeune homme sa dignité !

Voici donc à quoi pourrait ressembler l’épitaphe de sa tombe :

DRAGOMIR Viutila
Prisonnier de guerre roumain
1893-1917
4e Cie 7e R.I.

Sur les traces d’un inconnu.

Ici repose un inconnu

Pour l’historien, se retrouver face à l’inconnu est toujours assez difficile à accepter. Les synonymes d’inconnu sont : ignoré, oublié, inexploré – des mots que le vocabulaire de l’historien ne connait pas …
Parfois, il lui faut accepter que des choses restent cachées, obscures ou mystérieuses – il cherche alors à se rapprocher de la vérité, pour mieux comprendre ce qui reste impénétrable !
Oui, mais, avant cela, il s’acharne et il arrive même, qu’il soit récompensé de son opiniâtreté.

Suivez l’historien sur les traces d’un inconnu, soyez entêté avec lui jusqu’à ce que …

Un indice, aussi mince soit-il, se trouve sur cette tombe. Il s’agit d’un numéro : 35912
Que représente ce chiffre? Comme il s’agit d’un prisonnier de guerre, il peut d’agir d’un matricule. Immatriculer ! Les militaires le sont, ils recoivent un matricule lorsqu’ils sont appelés, nos grands-père ont des fichiers matricules où sont recensés leur parcours militaire. L’état dresse des listes et attribue un numéro de matricule à chacun de ces soldats, il est unique !
Lors de l’arrivée au camp de prisonniers, on immatricule les prisonniers, on leur attribue un matricule.
Chaque camp, applique ses propres règles d’immatriculation. Le but étant de n’avoir jamais deux prisonniers avec un même numéro.
Pour la Première Guerre mondiale, les autorités des camps pour les prisonniers de guerre roumains, Tuchola et Lamsdorf, attribuent bien des matricules aux prisonniers, mais ils ne tiennent pas de liste matriculaires. Il est alors difficile de se servir du matricule pour identifier un prisonnier. Ce que l’on sait, avec certitude, c’est que les matricules sont attribués par ordre d’arrivée au camp. On peut donc « cibler » une liste d’arrivée pour essayer, grâce à de maigres indications, de repérer un individu.
35912, c’est tout ce que nous avons pour le moment et rien, ne nous permet, à ce stade, dans les archives, de trouver quoi que ce soit à propos de ce soldat inconnu.

On laisse tomber ? On continue ? Nous avons parlé d’opiniâtreté, d’obstination, nous ne pouvons pas nous arrêter là !

Le Comité International de la Croix Rouge, conserve des listes de déclaration de décès de prisonniers de toutes les nations. Elles indiquent le nom, le prénom, la date et le lieu du décès d’un prisonnier de guerre. Il y a environ 4 000 listes mentionnant des prisonniers roumains morts en Alsace. Il suffit d’identifier chaque déclaration et d’en faire la saisie. 3646 déclarations de décès en Alsace. Il y a des doubles, des erreurs, des omissions, mais c’est une base de travail intéressante.
Il ne reste plus qu’à les saisir.
L’historien ne recule devant rien. Ca n’aura pas pris plus de … 5 ans !

Un indice supplémentaire grâce à la saisie de ces déclarations et notre inconnu ? Non … déception, mais, pas résignation.

Les recoupements, les comparaisons avec les tombes de Soultzmatt et Haguenau, permettent rapidement d’identifier de nombreux soldats et parfois, le matricule est indiqué sur la tombe. Avec plus de 1000 tombes les listes s’étoffent et une comparaison fine est de plus en plus possible entre le nom, le matricule et la liste d’arrivée au Stalag.
Oui mais là, toujours aucun indice sur un nom, un prénom, quelque chose d’infime !

Il reste un travail à faire, éplucher l’état-civil de toutes les communes du Bas-Rhin, il n’y en a somme toute que … 541 ! Consulté 541 registres d’état-civil des années 1917 et 1918 et essayer de repérer des déclarations de décès de Roumains. D’autres historiens ont déjà travaillé sur le sujet et donnent des indications sur les lieux où il y avait des prisonniers roumains, mais rien à faire, on ne trouve rien dans les lieux indiqués. Il faut donc faire un relevé systématique. Allez, l’historien ne recule devant aucun sacrifice, et les archives ne sont-ils pas la passion de l’historien ?

Bingo ! Vous avez eu raison de persévérer. En effet, grâce à ce travail qui n’a pris, QUE, quelques semaines nous pouvons à nouveau espérer…

Une commune du Bas-Rhin, inconnue jusqu’alors des historiens pour une présence de Roumains (dont je tairais le nom pour préserver la primeur des mes recherches jusqu’à leur publication) déclare le décès de 31 prisonniers roumains ! Les indications sont sommaires, Nom, prénom et … numéro de matricule ! Et dans tout cela, le 35912. Le nom indiqué : Samöcke Konet ! Habitués maintenant à force de saisie de noms et prénoms roumains, ces indications semblent pour le moins, aléatoires … l’espoir aura été de courte durée.

Qu’à cela ne tienne, on approche du but et nous n’allons certainement pas baissé les bras, si proches du dénouement.

Reprenons, nous avons un matricule et un nom. Allons aux archives du CICR à Genève et épluchons les fiches individuelles des Roumains en cherchant dans les noms commençant par SAM ou par KON, ou encore par CON… Rien à faire, pas de certitudes, trop peu d’éléments… Il faut essayer de trouver des soldats que nous avons identifiés et qui portent un matricule proche de celui que nous cherchons. Puis dans les listes d’arrivées où figure ces soldats, nous allons chercher un nom qui se rapproche de celui que nous cherchons, Samöcke Konet !

Rapidement, grâce à toutes les saisies, nous pouvons identifier Niculae Florea matricule 35939 et Jon Tasca matricule 35890. Le nôtre est pile entre les deux ! Tasca est sur la liste 3317 et Florea est sur la liste numéro 3498, en ratissant large, nous avons 200 listes de 11 noms à éplucher, 2200 ! Et dans ces 2200 il y a le nom de notre inconnu ! Courage, persévérance, analyse et patience !

Il ne faudra pas attendre longtemps, car la 16e liste consultée nous livre enfin, la résolution de l’énigme. Notre inconnu s’appelle en réalité : CONSTANTIN SAMUELE

Voilà 107 ans, que ce soldat roumain est venu mourir sur nos terres ! Voilà 107 ans, qu’il repose comme parfait inconnu ! Son décès n’a jamais été déclaré au CICR et donc, jamais sa famille n’aura su quel fut son destin ! DISPARU, MISSING, VERMISST ! Voilà ce que les proches ont reçu comme réponse lorsque leurs démarches arrivaient dans les institutions.

Retrouverons-nous les descendants de cet homme ? C’est que je vous propose de faire en lançant un appel à retrouver les descendants de ce soldat roumain. Pour cela, grâce aux éléments que nous avons découvert, retraçons le destin de Constantin Samuele.

Il est né en 1884 à Corni dans le comté de Tecuci. Aujourd’hui, Tecuci est située, comme Corni, dans le comté de Galati. Il épouse Maria et doit partir à la guerre fin 1916 alors que la Roumanie est entrée en guerre contre l’Allemagne. Le 13 novembre 1916, il est fait prisonnier à Namaesti, dans le comté d’Arges. En plein coeur de la Roumanie, non loin de Campulung, la Munténie a été le théâtre de nombreuses entrées en captivité pour les Roumains. Rapidement, lui et ses camarades de captivité sont envoyés vers Tuchola, un camp de prisonnier en Pologne. Il y arrive vers fin novembre. En janvier, nouveau départ, cette fois la destination est l’Alsace. Exténués, à bout de force, de nombreux prisonniers roumains meurrent entre février et avril 1917. Le 2 mars 1917, comme nombre de ses compatriotes, âgé de 33 ans , il décède dans son détachement de travail. On l’enterre avec pour seule indication, son numéro de matricule…

Ce numéro de matricule, 35912, qui se révèle, 107 ans plus tard, l’élément déterminant pour redonner une identité à ce prisonnier de guerre roumain, qui jusqu’alors était ignoré !

Sa tombe pourra porter la mention
ICI REPOSE
Constantin SAMUELE
1884 Corni -1917 Strasbourg
Prisonnier de guerre roumain
Matricule 35912

Qu’il repose en paix – odihnească-se în pace

Ah oui, au fait, je voulais juste vous informer, ce travail, il faudra le réaliser de nombreuses fois, car les inconnus sont nombreux dans les nécropoles roumaines en Alsace –

Inconnu ? Pas si sûr … à suivre !